Vivant une fin d’année un peu bousculée, je n’ai pas le temps d’alimenter ce blog par un post « normal ». Je me contenterai de rapprocher deux pages de comics, dont, à ma connaissance, on n’a pas jusqu’ici souligné que l’une est en dette envers l’autre.
En 1968, Jim Steranko avait fait sensation en ouvrant l’épisode « Who is Scorpio ? » inaugurant le nouveau cycle d’aventures du super-héros Nick Fury, agent of S.H.I.E.L.D., par deux pages alignant quelque seize vignettes muettes.

« Who is Scorpio ? », planche 2 – © Marvel Comics
Vingt ans plus tard, Alan Moore et Dave Gibbons ont adressé un clin d’œil à cette entrée en matières silencieuse. L’unique planche muette de Watchmen (si l’on excepte les fameuses splash pages qui ouvrent le dernier chapitre) n’en constitue pas tout à fait l’incipit mais intervient tout de même tout au début, puisque c’est la cinquième du chapitre un.

© DC Comics
Le silence est loin d’être le seul élément commun aux deux pages. Dans l’une et l’autre, un homme gravit, de nuit, au moyen d’un filin, la façade d’un immeuble. Les cases sont étirées verticalement. On retrouve des effets de plongée et de contre-plongée. La lune est pleine et éclaire la scène. L’ombre qui mange le visage de Rorschach dans la case 4 qui ne rappelle le bandeau noir occultant l’œil gauche de Nick Fury. Et même s’il ne s’agit pas d’une arme, l’engin qu’on lui voit empoigner dans la case 6 présente quelque similitude avec le matériel de combat du vigile en vert et jaune dessiné par Steranko.
S’il ne s’agit pas d’un hommage, avouez que c’est bien imité !

