En septembre paraîtra chez Dargaud le nouvel album de Catherine Meurisse, Le Clan de Walden. Simultanément, Glénat accueillera dans sa collection des « Cahiers de la bande dessinée » dirigée par Christelle Pissavy-Yvernault un ouvrage rassemblant les conversations que j’ai eues avec l’autrice de La Légèreté en début d’année, trois journées durant. Abondamment illustré, le livre, intitulé Catherine Meurisse sur le pont des arts, revient sur l’ensemble d’un parcours à tous égards singulier, qui a conduit la dessinatrice des pages de Charlie Hebdo jusqu’à l’Académie des beaux-arts. Il éclaire la genèse de chacun de ses livres et la personnalité de celle qui, tout en se revendiquant « bonne élève », a toujours échappé à tout esprit de sérieux.
Je reproduis ci-dessous, en guise d’amuse-bouche, l’avant-propos. Rendez-vous le 16 septembre pour lire le reste. (Catherine et moi signerons côte à côte le dimanche 21 septembre, de 14 à 17 h, à l’Institut de France, dans le cadre des Journées du patrimoine.)
La philosophie enseigne que la capacité d’émerveillement est une faculté qu’il convient de cultiver car elle est source de joie et nous aide à vivre. Tous les humains, hélas, ne sont pas également doués pour cultiver en eux cette puissance. Catherine Meurisse démontre, dans chacun de ses livres, qu’elle possède ce don au plus haut point. Ses récits se nourrissent de sa gratitude : pour le spectacle inépuisable de la nature, pour les œuvres que nous ont léguées et que continuent de créer les artistes dans toutes les disciplines, et singulièrement ceux qui manient ou ont manié les matériaux qui sont aussi les siens, les images et les mots.
Assurément, comme le savent ses lecteurs, c’est ce don qui l’a aidée, au premier chef, à surmonter la tragédie qui a brisé sa vie ; c’est lui encore qui, chaque matin, continue de stimuler sa créativité et lui permet de dessiner des pages emplies de vivacité, de fantaisie, de malice, qui célèbrent le gai savoir.
J’avais croisé Catherine à Angoulême et à Bâle, mais somme toute nous nous connaissions peu avant de devenir collègues au sein de l’Académie des beaux-arts, elle comme académicienne, moi avec le rang de correspondant, très investis l’un et l’autre dans la vie et les travaux de cette institution, dont elle est la benjamine. J’ai pu apprécier la personnalité enjouée de cette bonne camarade qui ne laisse plus rien paraître de son ancienne timidité et se montre curieuse des autres, disponible, prête à relever avec enthousiasme toutes sortes de défis.
Quand notre éditrice, Christelle Pissavy-Yvernault, m’a proposé de contribuer à cette collection par un livre d’entretiens, j’ai tout de suite proposé le nom de Catherine Meurisse, laquelle a accepté sans réticence de se prêter au jeu et de revisiter son parcours.
Nos conversations se sont déroulées les 26, 27 et 28 janvier 2026, au domicile de Catherine et dans son atelier. Je veux la remercier pour sa disponibilité.
J’espère que les lectrices et lecteurs prendront le même plaisir que moi au témoignage que livre ici l’une des autrices majeures de la bande dessinée contemporaine. Une créatrice profondément originale, dont le moindre apport au 9e Art n’est pas d’y avoir acclimaté de nouveaux genres : la comédie musicale (Moderne Olympia), le livre d’interviews (Drôles de femmes) ou le précis de littérature (Mes Hommes de Lettres).

